Septembre 2020

Le gluten

Ceux qui me connaissent, savent que c’est en partie à cause (grâce) au gluten que mon aventure avec la Naturopathie a débuté ! N’ayant pas trouvé de réponse au sein du corps médical, je me suis lancée dans une formation de Naturopathe pour mieux comprendre ce qui m’arrivait. Et pour ma part, l’arrêt du gluten m’a permis de retrouver la santé.

Qu’est ce que le gluten ?

 

Selon Wikipédia, le gluten « est une substance collante composée de protéines ». C’est ce qui apporte l’élasticité et la viscosité aux farines céréalières. Donc vous l’aurez compris pas de viennoiseries, de pâtes à pizzas épaisses et autres mets croustillants sans gluten. Le gluten se trouve dans le blé, le seigle, l’orge, l’épeautre, le petit-épeautre et l’avoine.

 

Comment le gluten peut-il nous intoxiquer ?

 

Le gluten, présent naturellement dans certaines céréales, est depuis quelques années tellement modifié qu’il en vient à ne plus être digeste. Dans son livre « Gluten, comment le blé moderne nous intoxique »*, Julien VENESSON nous explique, à travers l’exemple du blé, que celui-ci a été « domestiqué » dans le but, certes de pouvoir mieux le travailler mais avant tout pour faire face à la famine qui menace une partie du monde. Il a observé une mutation chromosomique (de 14 à 42 chromosomes), afin de favoriser une plus grande résistance aux maladies et une croissance plus élevée de la céréale. La taille des grains augmente et leur teneur en gluten aussi. Loin de son état d’origine, le corps humain n’a pas les enzymes nécessaires pour assurer une digestion optimale de ce blé moderne.

A noter qu’il existe plusieurs stades de la pathologie : 

  • l’allergie au gluten, maladie rare qui se traduit par une réaction allergique rapide et manifeste pouvant entraîner la mort si des mesures d’urgence ne sont pas dispensées ;

  • l’intolérance au gluten ou la maladie coeliaque qui conduit à l’apparition de maladies auto-immunes ;

  • la sensibilité au gluten qui présente des symptômes assez proches de ceux de l’intolérance mais qui n’entraine pas de maladies auto-immunes.​

Le problème aujourd’hui est que le test n’offre pas de nuance : soit vous avez la maladie coeliaque soit vous ne l’avez pas ! De ce fait, face à vos symptômes, votre interlocuteur n’a plus d’argument et c'est là qu'intervient le fameux couplet du stress…

                                               Bon à savoir :

Le petit-épeautre, connu également sous le nom d’engrain, est la plus ancienne céréale cultivée par l’être humain. A ne pas confondre avec l’épeautre qui est issu de croisement de blés modernes. Ainsi, alors que l’épeautre est déconseillé aux intolérants ET aux sensibles, le petit-épeautre est majoritairement bien supporté par les sensibles. Il semblerait, en effet, que le gluten soit présent en quantité moindre mais surtout qu’il soit resté pur.

Par ailleurs, selon le Dr georges MOUTON*, l’avoine n’aurait pas les inconvénients des autres céréales. En effet, la base moléculaire de la toxicité du gluten est constituée par un peptide de 33 acides aminés, appelé « 33 mer-gliadine ». Or ce peptide présent dans les autres céréales, n’existe pas dans l’avoine. C’est pourquoi cette céréale ne provoque pas de sensibilité.

Néanmoins, si petit-épeautre et avoine peuvent être consommés par les sensibles au gluten, ces céréales restent déconseillées aux malades coeliaques.

Quels sont les symptômes pouvant provenir d’une intolérance ou d'une sensibilité au gluten ?

 

Dans la plupart des cas, la consommation de gluten augmente la perméabilité intestinale, transformant ainsi notre paroi intestinale en passoire. Les nutriments ne sont plus absorbés correctement et cela induit, sur le long terme un état inflammatoire latent. Très insidieux, les différents troubles associés au gluten dépendent réellement d’une personne à l’autre. Cela peut se manifester par des troubles digestifs (diarrhées, ballonnements, acidité gastrique, etc…) des maux de tête, des insomnies, des vertiges, de la fatigue chronique, des carences, des problèmes de peau, des douleurs articulaires, des troubles psychologiques allant de l’irritabilité à la dépression en passant par des attaques de paniques et autres manifestations d’anxiété, etc… Et il va de soi que cet état inflammatoire ne pourra pas disparaître tant que gluten (et parfois lactose) seront consommés. 

Faut-il arrêter le gluten ?

 

Non, pas de manière systématique ! Si vous êtes en bonne santé et que vous n’avez ni trouble, ni pathologie, il n’y a pas de raison d’arrêter le gluten. D’autant plus que l’arrêt complet peut développer sur le long terme, une intolérance voire une allergie. En effet, lorsque nous stoppons complètement un aliment, certaines enzymes digestives spécifiques, n’étant plus sollicitées, disparaissent. Ainsi, par la suite, lorsque l’aliment est réintroduit, notre corps le considère comme toxique et provoque des réactions immunitaires pouvant aller d’une simple sensibilité à de graves allergies. 

 

Il est donc conseillé avant de stopper complètement le gluten, de se pencher sur son mode d’alimentation et son hygiène de vie. Parfois un simple réglage alimentaire associé à une prise de compléments alimentaires et/ou de plantes suffisent. Cependant, dans certains cas, quand les maux sont trop présents et deviennent invivables, une vie sans gluten s’impose pour un mieux-être.

 

Et après ?

 

De nouveau chaque personne est différente. Certaines réagissent très vite à la suppression d’un aliment alors que d’autres mettent plus de temps à évacuer les toxines s’y associant. Il faut bien penser que nous avons manger du gluten pendant des années, et donc qu’il n’est pas rare que cela prenne plusieurs mois voire une année et plus pour constater une disparition complète des troubles. A ce jour, j’observe, dans ma pratique, une moyenne de trois mois de régime sans gluten strict pour obtenir des résultats significatifs.

 

Quoiqu’il en soit, on gagnerait tous à diminuer notre consommation quotidienne de gluten. Il ne s’agit pas là de consommer plus de produits préparés « sans gluten », juste de minimiser nos apports en céréales contenant du gluten, au profit de céréales naturellement sans gluten, comme le riz, le sarrasin, le millet, le maïs, le quinoa, l’avoine, le petit-épeautre, l’amarante, le teff, le fonio et le sorgho. De plus, il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres sources de glucides telles les tubercules (pommes de terre, patates douces, panais,…) et les légumineuses (lentilles, pois-chiches, pois-cassés, flageolets,…). 

 

A votre bien-être !

Carole Claeys

Sources

* « GLUTEN Comment le blé moderne nous intoxique », Julien VENESSON

**« Ecosystème intestinal et santé optimum », Dr Georges MOUTON

«  Diétiétique de l’expérience », Robert MASSON.